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11 juillet 2011 1 11 /07 /juillet /2011 16:23

14h13'10'': voila le temps qu'il m'aura fallu pour parcourir les 3800m de natation, les 181 kms de vélo (et leurs 1700m de d+) et les 42,2 kms du marathon...

Certes, assez loin de l'objectif espéré des 13h mais toujours bien en ligne avec l'objecif de base qui était de bien terminer cet extraordinaire défi...

En résumé:

  • Une natation au-delà de mes attentes (1h18'28)
  • Un vélo conforme à mes attentes initiales et meilleur que prévu suite à la reconnaissance du parcours (6h44)
  • Un marathon égal à l'année dernière, terni par des problèmes intestinaux (6h01)

Après une très courte nuit (seulement 3h de vrai sommeil et pas mal de temps à maudire les ronflements de mon voisin de chambre), c'est avec pas mal d'excitation que nous ne levons à 4h du matin pour une douche rapide et un petit déjeuner qui, pour moi, sera très léger. En effet, suite à tous mes déboires intestinaux, j'ai décidé de ne pas me gaver en malto, gatosport et autre pendant la course afin de partir avec un estomac "vierge". 4h du matin donc pour un départ, c'est probablement un peu trop peu mais il faut bien reconnaitre que les places de parking à proximité du parc à vélo sont quasi nulles et qu'on n'a pas envie de se taper 30 minutes de marche pour commencer la journée...

Arrivés au parc à vélo, je suis avant tout surpris du calme qui y règne. Aucune sono, rien. Chacun s'affaire dans son coin. Pour ma part, je m'assieds pendant une bonne vingtaine de minutes, profitant de cette "chaleur" matinale et voulant absolument éviter tout effort inutile. Je me renseigne auprès de mes voisins dans le parc à vélo sur leurs ambitions en natation. A gauche, 1h30; à droite, 1h02. Ca va, a priori, je devrais arriver entre les 2 et avoir un peu de place car il faut bien le reconnaitre, nous sommes loin de l'organisation de Roth et chaque mm2 est 'optimisé'

A 6h55, sur la ligne de départ, les Pros ont l'occasion de nous montrer la voie dans le lac. En effet, le soleil est bien présent et nous sommes complètement éblouis. Pas moyen de voir la première bouée... Mais bon, pas de soucis pour moi, je sais très bien que j'aurai une meute de gars déchainés devant moi. Je n'aurai qu'à suivre le gros du troupeau. Cependant, afin d'éviter toute cohue et surtout un départ mouvementé au milieu de 2000 athlètes, Hervé et moi nous plaçons à l'extrême droite du paquet. Endroit étonnament déserté alors qu'avec le mini courant de droite à gauche, cela doit être la meilleure place.

La natation

7h: pas de Vangelis, pas de musique grandiose, rien de vraiment spécial au départ de cette journée. Hervé et moi nous tapons une dernière fois dans les mains en se souhaitant une bonne journée et, après avoir laissé partir quelques gars, je m'élance à mon tour pour les 3800m. La température de l'eau est idéale et dès les premiers mètres, je me sens très bien. Je peux nager en 3 temps, j'ai suffisamment d'espace autour de moi et je ne suis jamais submergé par l'un ou l'autre nageur impatient de me doubler....

Après une quinzaine de minutes, j'arrive à la première bouée. Je m'attends à prendre quelques coups mais non, tout se passe bien. Ce n'est qu'à la deuxième bouée que nous avons un bouchon qui provoquera l'une ou l'autre tension mais bien loin de ce que j'ai pu lire sur l'iron de Nice par exemple.

37', c'est le temps qu'il m'aura fallu pour terminer la première boucle que j'estime à 1800m. Je suis bien dans les timings. Lors de la sortie à l'australienne, je ne m'affole pas malgré les personnes qui courent autour de moi. Je sais que ces quelques mètres sont l'occasion de faire grimper les puls. Dès lors, je me calme, parcours les 50 m en marchant et le relance dans le grand bain pour la seconde boucle.

Ma seconde boucle sera équivalente à la première. Je me concentre sur mes mouvements et également sur l'orientation car une des meilleures manières de ne pas perdre du temps est avant tout de ne nager que 3800m, ce qui n'est pas forcément gagner quand on doit viser une bouée plus ou moins devant soi à 600m.

Je termine finalement ma natation en 1h18'28, soit 2 minutes de moins qu'à Roth avec des puls moyennes à 149. Super!

Ma première transition se passe sans problème. Ce n'est pas le même luxe qu'à Roth mais bon, on ne vient pas là pour ça non plus.

Le vélo

Je monte sur mon vélo et suis bien concentré sur la tâche qui m'attend. 30 premiers kms tout plat dans lesquels il ne faudra pas s'affoler suivi d'une première côte sur +/- 2,5kms au cours de laquelle on prendra 150m. On aura après une petite dizaine de kms en version toboggan. Pas trop compliqué mais bien casse patte. Arrivé au km 55, c'est "The Beast" qui se dresse à nous. 200m de dénivellé en un peu moins de 3 kms. (un mini col). A peine le temps de redescendre qu'un faux plat/vraie monté de 150m de d+ se profile à l'horizon. A ce moment-là, en redescendant vers le lac, on a l'impression que c'est gagné mais en fait, il reste encore 13 kms vers Heartbreak hill, un mur de 800m avec des passages à 10% et 5 kms de retour au calme pour revenir au point de départ... et entamer le 2e tour...

Je me lance donc pour les 30 premiers kms de plat. Je garde les puls sous controle, tout comme mon envie de sauter dans la roue des avions de chasse qui me dépassent. Néanmoins, je passe cette première partie à du 32 de moyenne...

Dès la première côte, je me mets sur mon petit plateau et assure le meilleur équilibre fréquence de pédalage (entre 80 et 90) / fréquence cardiaque (aux alentours de 140)... La première montée effectuée, je me rends compte que les 10 kms casse-pattes portent bien leur nom. En constant passage entre le petit et le grand plateau, je ne souhaite prendre aucun risque, de peur d'avoir les jambes un peu trop lourdes en cours de parcours.

Arrive "the beast", malgré mon 34-25, mon coeur monte à 155. Dans les passages les plus relevés, mon compteur affiche 12 kmh. Ce n'est pas grand chose mais quand je vois le gros des troupes autour de moi, cela a l'air tout à fait correct. Quand tout à coup, j'entends 'Oli, tu vois qu'on ferait ce triathlon ensemble'. C'est Hervé qui dans la monté me rattrape à une allure impressionnante. Il avait fait une super natation mais avait crevé dès le départ. Je ne l'avais pas vu mais là, il a la rage et est parti pour faire un temps canon en vélo.

Dans le long faux plat, je me dis qu'on a vraiment bien fait de reconnaitre le parcours. En temps normal, je me serais mis sur la plaque et aurais poussé pour assurer un bon tempo. Mais là, je me mets sur le 34-23 et grace à une très bonne fréquence de pédalage, je monte de nouveau sans vraiment me fatiguer.

Au pied d'Heartbreak Hll, je m'attends à une ambiance à la Solarberg. A la limite, que ce soit difficile, ce n'est vraiment pas grave car nous serons portés par la foule. Et bien, j'ai été assez déçu. C'est vrai qu'il y avait du monde mais on était loin d'une ambiance électrique. Je suis donc monté à mon train, profitant quand même des nombreux applaudissements. Je boucle le premier tour en 3h16. Magnifique!

Au début du 2e tour, je me dis qu'il sera tout doucement temps de faire une première 'purge'. Km 15, je m'arrête donc à une cabine bleue de chantier le long de la route. Mais pas de problème, aucun souci gastrique en vue. Au total de la partie vélo, j'aurai consommé 5 barres et 5 ou 6 gels, en plus de mes gourdes remplies au malto et les gourdes fournies par l'organisation. Très content donc d'avoir fait attention toute cette dernière semaine.

Je repasse donc le long plat et la première montée. En plongeant sur le lac en vue de reprendre "The Beast", je sais que c'est gagné, je me sens tellement bien que je vais terminer ce triathlon. Je profite une dernière fois de la vue et, en me lançant dans ce mini col, mon impression se confirme quand je commence à dépasser des athlètes scotchés dans la côte. Au fur et à mesure de la côte, j'ai l'impression que la chaleur se fait de plus en plus oppressante. Par ailleurs, j'ai aussi l'impression que chacun est extrêmement concentré. Alors que je suis entouré de pas mal de monde, pas un seul bruit, rien que quelques respirations plus prononcées et le bruit des chaines (sur les petits pignons). 

Dans l'interminable faux plat/vraie montée, le temps change. Le vent s'est levé et malheureusement, il est de face mais bon, je garde les mêmes vitesses qu'au premier tour et reprends quelques coureurs. Confiance maximale. 

Alors que j'aborde Heartbreak Hill pour la 2e fois, il se met à pleuvoir fortement. A priori, cela fait du bien mais c'est pas vraiment ce que j'avais prévu pour la 2e transition.

6h44'01 (dont 3h28 pour la 2e boucle, y compris l'arrêt cabane de chantier...). Voila donc le temps qu'il m'aura fallu pour ce parcours beaucoup plus difficile qu'imaginé devant mon PC. Avec (seulement) 136 puls de moyenne, c'est donc un excellent temps qui me donne une moyenne proche de 27kmh!

La CAP

Je le sais, c'est ici que tout se joue. Ce n'est pas parce que tout se passe bien jusqu'à présent que je vais pouvoir atteindre cette barre des 13h. Pour cela, je dois boucler le marathon en 4h45. A priori, sur base de mes sensations à ce moment-là. Cela me semble possible.

Première boucle: il pleut toujours aussi fort, le tonnerre gronde et moi, j'avance pas mal. Je pars sur des bases de 10 kmh et km après km, je garde le rythme. Je varie l'eau et l'iso aux ravitos, pâtes de fruit et salé. les 10 premiers kms sont parcourus en 1h02. Voyons jusqu'à quand je peux garder le rythme.

Deuxième tour: je garde le rythme mais sent que quelque chose est en train de se passer dans mon ventre. Aux ravitos, cela commence à moins bien passer. Le verre que je buvais correctement au début se limite maintenant à quelques petites gorgées et finalement à presque rien du tout. A ce moment-là, les dégâts sont encore assez limités, je passe au 20e en 2h15. Toujours bien en ligne avec l'objectif des 13h...

Troisième tour: il fallait s'y attendre. Mon corps me demande de revisiter une cabane de chantier... La force qui me restait m'a maintenant quasi définitivement quittée. Au 21e, je calcule le temps que me prend un km marche. 11 minutes! Ce qui veut dire encore quasi 4h de marche... Pas motivant du tout! Au 25e, ça s'empire un peu plus car mon 'bon' rythme marche s'est sensiblement réduit. Je pense que je suis victime d'une déshydratation. Je ne marche plus vraiment très droit et ça, c'est vraiment pas bon du tout. Cependant, comme l'année dernière, je me dis qu'à un moment, cela va revenir...

Quatrième et dernier tour: Maintenant, je parviens de nouveau à reboire 'avec envie'. Pas de boisson iso mais au moins de l'eau et çe me donne un nouvel élan. Je suis toujours très loin de recourir mais je parviens à aligner quelques pas de temps en temps. A un moment, je me dis que je me forcerais bien à courir pour terminer en dessous de mon temps de l'année dernière mais d'un autre côté, l'objectif était de terminer en dessous de 13h ou terminer tout court... 

L'arrivée: Je prends mon temps, je suis heureux d'en terminer. De part et d'autre de la ligne d'arrivée, des gens me tendent la main. Derrière la ligne, des photographes à gauche et à droite alors qu'au milieu, Hervé, Jérôme et Stéphane m'acclamaient! Magnifique!!!

En conclusion

Grande performance en natation et en vélo (relativement) gâchée par la course à pied. En conséquence, je peux oublier le Norseman et pour un nouveau Ironman, cela ne devrait plus être dans mes objectifs car 2 soucis gastriques consécutifs sur cette distance, ce n'est plus vraiment du hasard... D'un autre côté, si plusieurs copains se lancent dans l'aventure, je pourrais peut-être bien aller voir un nutritioniste et envisager des solutions...

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commentaires

O
<br /> merci pour ton compte-rendu, après cambrai et vichy je me demandais quel ironman j'allais faire et ton compte-rendu m'a presque convaincu. J'en parle aux copains pour savoir si zurich les<br /> intéresse. En plus j'y étais cette été, c'est vraiment une belle ville, très bien pour les accompagnateurs qui trouvent toujours la journée trop longue !<br /> <br /> reste le prix mais bon, on le vaut bien !<br /> <br /> Amitiés sportives<br /> <br /> <br />
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J
<br /> bravo mon gars ! au moins quand ton estomac se rappellait à ton bon souvenir avant un match de foot, tu connaissais la raison :-) mais la performance n'en reste pas moins impressionnante.<br /> <br /> <br />
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E
<br /> Bravo pour cette course et merci pour les articles qui donnent une idée de quoi faire et de ce à quoi l'on peut s'attendre sur un IM<br /> <br /> <br />
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C
<br /> Bravo pour ta course ! En plus, ton compte-rendu est très bien écrit, toujours positif.<br /> <br /> <br />
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H
<br /> N U T R I T I O N N I S T E..............................................................<br /> <br /> <br />
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